La parfaite amitié est celle des hommes bons et semblables en vertu. Chacun veut du bien à l’autre pour ce qu’il est, pour sa bonté essentielle. Ce sont les amis par excellence, eux que ne rapprochent pas des circonstances accidentelles, mais leur nature profonde. Leur amitié dure tout le temps qu’ils restent vertueux, et le propre de la vertu en général est d’être durable. Ajoutons que chacun d’eux est (…) bon dans l’absolu et utile à son ami, bon dans l’absolu et agréable à son ami.
Aristote, Ethique à Nicomaque, liv. VIII
Photo : Yoonjae Jang, Jaemin Cho and Taewoong by Hyunjong Ryoo for Fucking Young
Comment sortir de soi ? Parfois cette chose arrive, qui fait que nous ne sommes plus enfermés : Un amour sans mesure. Un silence sans contraire. La contemplation d’un visage infini, fait de ciel et de terre.
Sans son, ça chante
Et sans rythme, ça danse
Ecoute la musique inaudible.
Attribué à Mirabaï
Mirabaï (1498 – 1546) est une poétesse de l’hindouisme, auteur de chants d’amour mystique dédiés au dieu Krishna et qui sont encre chantés dans le nord de l’Inde. Le poème cité ici est mentionné par Michel Gay dans “Kabir : Une expérience mystique au-delà des religions“, Collection “Spiritualités vivantes, Albin Michel, 2012, qui, lui-même le tient de Catherine Clément, La princesse mendiante, Editions du Panama 2007.
On retrouve dans ce poème une même source mysqtique que celle signalée, il y a quelques jours,chez le poète persan, Sohrab Sepehri, de tradition soufie.
Photo : Piero Méndez, modèle espagnol sur Instagram
Trois fois rien à faire pour transposer cette belle chanson en un chant d’amour mystique… Il suffit de se laisser aller à être cette rose, peu de chose, mais destinée à s’épanouir au soleil, à offrir ses couleurs, puis s’effacer pour entrer dans l’éternité… “Pourtant j’étais belle, Oui, j’étais la plus belle Des fleurs de ton jardin…”
Mon amie la rose
On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l’a dit ce matin
A l’aurore je suis née
Baptisée de rosée
Je me suis épanouie
Heureuse et amoureuse
Aux rayons du soleil
Me suis fermée la nuit
Me suis réveillée vieille
Pourtant j’étais très belle
Oui, j’étais la plus belle
Des fleurs de ton jardin
On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Me l’a dit ce matin
Vois le dieu qui m’a faite
Me fait courber la tête
Et je sens que je tombe
Et je sens que je tombe
Mon cœur est presque nu
J’ai le pied dans la tombe
Déjà je ne suis plus
Tu m’admirais hier
Et je serai poussière
Pour toujours demain
On est bien peu de chose
Et mon amie la rose
Est morte ce matin
La lune cette nuit
A veillé mon amie
Moi en rêve j’ai vu
Eblouissante et nue
Son âme qui dansait
Bien au-delà des nues
Et qui me souriait
Crois celui qui peut croire
Moi, j’ai besoin d’espoir
Sinon je ne suis rien
Ou bien si peu de chose
C’est mon amie la rose
Qui l’a dit hier matin
Paroles/Musique : Cecile Caulier / Jacques Lacome
Photo : Carlos Blank photographié par Pedro Lollet pour Summer Diary Project, Caracas – Venezuela
Les hauts, les bas,
regarde-les d’un même oeil !
Ne regarde pas le visible,
regarde l’invisible !
Il n’ y a pas d’aile,
il y a le signe d’un envol,
il n’ y a pas de chanteur,
il y a la trace d’un chant.
Sohrab Sepehri, Pârâh,
in : L’Orient du chagrin,
traduit du persan par Jalal Alaviniar,
Lettres persanes, 2009.