On croit souvent que l’amour naît dans l’âme sans qu’elle l’ait cherché comme y naissent les idées. Et, comme elles, quand on le cherche, il semble nous fuir.

Tout en lui ressemble à la grâce et à l’inspiration. Mais peut-être la grâce et l’inspiration s’offrent-elles à tous les hommes bien qu’il y ait très peu d’hommes qui sachent les accueillir.

Ainsi l’amour suppose toujours une attente et un consentement intérieur, bien différents de ces vains efforts du désir qui le chassent en croyant l’appeler.

Et comme celui qui attend les idées avec une humble patience les voit s’offrir peu à peu à lui et engager avec lui un dialogue spirituel, celui qui montre à l’amour assez de confiance pour ne pas le presser de venir à lui, ne s’étonne point de le voir tout à coup éclore dans son coeur et éveiller un écho.

Louis Lavelle,
La conscience de soi, Grasset, 1933.

 

Où me cherches-tu l’ami ?
Je suis là avec toi.

Je suis ni dans l’idole
Ni dans le pèlerinage
Ni dans l’isolement aux confins du monde
Ni dans le temple
Ni dans la mosquée
Ni dans la Kaaba ou sur
Le mont Kaïlash
Je suis en toi, l’ami
Je suis là, en toi
Ni dans la prière ou les austérités
Ni dans la discipline ou le jeûne.

Je ne suis ni dans les bonnes actions
Ni dans le yoga du renoncement.

Ni dans le prana ni dans la pindala
Ni dans l’éther de Brahma
Ni dans le Dharma ni dans le Karma.

Ici ni Védas ni puja.

Je suis dans tous les souffles des souffles.

 

 

Kabir, poète mystique indien (1440-1518)
(pour en savoir plus sur kabir, cliquer ici)

Cité sur un forum icietmaintenant

Amour, où es-tu ?

Où es-tu ,
où es-tu,
où es-tu …

Tu es en moi,
je le sais,
je le sens,
je le vis,
et pourtant,
je ne t’accueille pas
totalement.

Tu es en moi,
et je te cherche
désespérément
en dehors de moi.

Qu’y a-t-il,
en moi,
qui me fasse si peur,
que je ne sois pas
disponible
pour t’accueillir,
t’ouvrir la porte
– les portes –
et te laisser entrer,
me submerger,
m’inonder,
m’abreuver ?

Tu es
ma vie,
toute ma vie,
qu’y a-t-il en moi
qui te fuit
encore ?

Amour,
toi qui ne peux pas ne pas être,
toi qui ne peux pas partir ou t’enfuir,
attends-moi, je viens, j’arrive,
je suis là.

Je sais trop
que ma vie n’a pas de sens
sans ta douce présence.

Tu es mon origine
tu es mon but,
tu es la raison
de mon passage
sur cette terre.

Viens maintenant,
en cette humble existence,
viens me libérer de mes entraves
par cette douce présence
et réaliser
ce pour quoi tu m’as voulu
sur cette terre.

Zabulon – 28 juillet 2017

Source photo : Paul Freeman, photographe.

Lorsque (les fils de Jessé) arrivèrent et que Samuel aperçut Eliab, il se dit : “Sûrement, c’est lui le messie, lui qui recevra l’onction du Seigneur!” Mais le Seigneur dit à Samuel : “Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le coeur.” (1 Sam 16, 6-7)

Le regard divin est libre de tous les déterminismes, pensées toutes faites ou habitudes solidement établies. La leçon vaut pour tous les temps et tous les hommes désireux de le suivre.(…) Le critère du choix de l’élu ne se fondera jamais sur “l’apparence” – fût-elle séduisante – mais bien sur la qualité du coeur.

Encore faut-il ne pas se méprendre sur ce que représente l’organe cordial dans la pensée biblique. Plus que la vie affective, le coeur est le centre de l’être, le lieu où l’homme dialogue avec lui-même et avec Dieu. C’est là et en cette présence que s’opèrent ses choix décisifs. En quelque sorte, Dieu regarde avant tout le lieu dans lequel Il célèbrera ses noces avec l’homme ! une chambre nuptiale qui doit être large et ouverte, dénuée d’a-priori, de raisonnements et de mentalisations en tout genre – fussent-elles les plus saintes.

Frère Irénée, moine à Chevretogne
La Vie, 23 mars 2017

Source photo: Photo prise par Thomas Knight

silence

 

“Le silence n’est pas l’absence, mais bien la présence de toute chose. Chaque espace a sa signature sonore, sa vibration unique, et si parfois l’oreille ne l’entend pas, le corps , lui, la ressent immédiatement. L’ouïe humaine, comme celle de tous les autres animaux, a évolué pour capter les sons les plus faibles, les plus ténus qui, en milieu naturel, donne des informations vitales pour la survie de l’espèce : nourriture, dangers, abris… Dans la nature, chaque son signifie quelque chose et s’harmonise avec un paysage riche et complexe.
(…)
Le silence apaise et nourrit l’âme, il permet surtout d’être pleinement conscient.”

Gordon Hempton, bioacousticien,
Télérama 3473-3474, août 2016